27.4.14

L'or d'un sentiment d'appartenance au monde

Après avoir revisité les lieux communs – ceux que l'on dit obligatoires – de la ville, il s'en éloignait et flânait le long de rues moins fameuses pour tenter de retrouver les lieux – ceux qu'habite un esprit – qui l'avaient marqué plus profondément il y a cinquante ans ou plus, si profondément qu'il aurait été bien en peine d'en donner ne serait-ce qu'une description sommaire. C'étaient des rues sans rien de remarquable aux yeux trop distraits, des rues qui convenaient parfaitement à sa recherche, des rues qui peut-être finiraient par déboucher sur les décors qui le hantaient la nuit dans ses rêves compliqués ou qui, du moins, paraissaient compliqués le matin au réveil.
Il allait donc là et là, il laissait venir le besoin de déclencher. Ce n'était pas une garantie, mais c'était la seule manière qu'il se connaissait d'approcher d'une parcelle de souvenir ancrée en lui. Il allait là et là et, tout d'un coup, il tentait d'y voir plus clair dans ce qui était resté couvert cinquante ans durant d'une épaisse couche de poussière, l'or de l'oubli pour les uns, l'or d'un sentiment d'appartenance au monde pour d'autres dont il était peut-être.

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