17.2.14

Les barbares arrivent


De même que le diable est dans les détails, les barbares ne paient pas de mine. Avec les années passant, pesant, il supportait difficilement le poids des cris et les mouvements infernaux des enfants. On lui avait dit que le bruit, surtout celui des petits diables, c'était la vie. Il lui fallait croire qu'il était déjà du côté des morts. Au-dessus du vide.
Longtemps il avait été lui-même un barbare, un autre type de barbare, avec barbe et cheveux échevelés. Longtemps on l'avait regardé de travers, on lui avait jeté à la gueule des mots d'humeur, des invitations à s'écarter, s'éloigner. Longtemps il avait détesté ceux-là. Et maintenant il en détestait d'autres. L'amour, l'illusion d'amour, ce n'était pas pour lui, ça ne cadrait pas avec la lucidité qu'il gardait cachée en son cœur. Ni avant, ni maintenant. L'amour, c'était des foutaises. La meilleure preuve : la Saint Valentin.
Il se reconnaissait dans l'interprétation qu'il faisait, à tort ou à raison, d'un poème de Patrick Varetz :
Chaque jour que / Tu voles à cette / Vie t’écarte de ta / Condition véritable. / Tu glisses ton / Apparence dans / Les angles morts. / Tu triches avec / Les mots et les / Mots s’avancent  / D’eux-mêmes au-  / Dessus du vide.
Comme les mots, l'amour s'avançait au-dessus du vide.
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