Huur Mij. Embauchez-moi. C'est quoi ce boulot ? De boire de la bière. Et de boire de la bière encore et encore. Et combien ça paie ? Cela ne peut s'équiper qu'au royaume de la bière. Un vrai royaume, à tous égards. Qu'aucune république ne trace.
Affichage des articles dont le libellé est Belgium. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Belgium. Afficher tous les articles
5.6.15
Huur Mij
-----------------
28.5.15
Dos à Panamarenko
Le guet se poursuit. C'est du moins ce qu'il veut croire. En l'observant. Ainsi va et vient le photographe, ainsi joue-t-il au jeu du chat et de la souris en pull jaune qui s'ignore. Et tant pis si ce qu'elle a en tête n'est pas dans la ligne de mire nette de son appareil à lui.
-----------------
25.4.15
Si près, si loin
Si près du centre de la ville, si loin, face au fleuve qui se jette à quelques kilomètres dans la mer du Nord. Si près et si loin des soucis quotidiens. Petits ou pires. C'est dans le reflet des eaux du fleuve et des yeux des amies que se trouvent les réponses, même incertaines, aux doutes, aux questions, aux déceptions. C'est du moins ce qu'elles veulent croire. C'est du moins ce qu'il veut croire d'elles en les observant. Ainsi va et vient le photographe, ainsi joue-t-il à un jeu où il n'y a pas de perdants et seulement d'éventuels gagnants.
-----------------
2.12.14
Yeux fermés, mains croisées
Yeux fermés, mains croisées, que sait-elle de ce qui l'attend au terminus ? Elle devrait le savoir, mais fait celle qui ne le sait pas. Elle est trop fatiguée pour se payer le luxe d'être lucide. Qu'elle ne se fasse pas d'illusions, personne ne l'attendra au terminus.
-----------------
27.11.14
Indifférentes aux anges, elles vont
Si j'avais les ailes d'un ange, est-ce que je partirais pour Québec ? Même si je ne sais rien, je sais que même les gueules d'ange ne sont pas des anges. Ni à Québec, ni à Ottawa, ni à Toronto. Même si je ne sais rien, je sais que pas plus que les guenons les femmes ne sont des anges. Même si je ne sais rien, je sais où rôder à Paris ou Bruxelles, mais ni à Québec, ni à Ottawa, ni à Toronto. Sans me faire d'illusions.
Je crois savoir qu'il y a des moments de magie noire à tort ou à raison, des illusions de coin de rue dans le halo d'un réverbère, des mots qui réchauffent qu'on croit avoir entendus à la faveur d'un murmure, des musiques pour nous distraire un instant ou pour nous habiter corps et âme toute une vie durant, des corps contre lesquels on s'est frottés, des inconnues qu'on voudrait croire sublimes. Je sais qu'on a besoin d'y croire, en général. Ou de faire semblant d'y croire. Pour soi-même et pour les autres.
-----------------
18.11.14
Fast Food In Its Mirror
Négation de la mort par le fast food
Quel révolutionnaire kinder surprise
cette époque va nous fournir ?
Guillaume Depardieu
-----------------
11.11.14
Caroline, non
Dans les yeux, une après-midi – il est cinq heures – ensoleillée et ses passants invisibles. Dans les oreilles, déjà la nuit et ses fantômes. Comment ne pas être perdu ? Dans les oreilles, les questions qu'il se pose, des questions on ne peut plus ordinaires, des questions dont les réponses imaginées, imaginaires, le laissent sceptique, des questions à deux sous auxquelles répondent les chansonnettes de l'arrière-saison. Qu'importe après tout, car dans son cœur, c'est une toute autre musique qu'il entend, indicible et qui l'emplit d'un délicieux vertige. Puisque le bonheur d'être en vie passe aussi par d'infinies mélancolies.
-----------------
10.11.14
9.11.14
5.11.14
Dans la poussière, dans la soumission
Il y a les mendiants orgueilleux que chante Moustaki :
« À regarder le monde s'agiter et paraître
En habit d'imposture et de supercherie
On peut être mendiant et orgueilleux de l'être
Porter ses guenilles sans en être appauvri. »
Et il y a les mendiants dans la position de la soumission, le visage caché à notre regard par la force de la honte. Mendiant soumis à notre rance volonté, parviens-tu encore à nous émouvoir ?
Comment feras-tu, mendiant, quand ils auront aboli l'argent en pièces et en billets ? Quel est le chemin hasardeux que tu suis ? De quel pays es-tu venu en trébuchant ? Vers quel pays te dirigeras-tu, poussé par les vents mauvais des temps futurs ? Je n'ai aucune réponse à ces questions médiocres, aucune réponse sensée.
-----------------
16.10.14
Armée jusqu'aux épaules
Et maudissant ma solitude,
mais chérissant ces vastitudes
où je me perds tel un zéro
Esther Granek
-----------------
5.8.14
Se laisser porter par le vent des silences
Je les observais discuter, de trop loin pour les entendre. Je me demandais ce qu'ils pouvaient bien se dire. J'imaginais des trucs sans intérêt, peut-être des racontars, ou encore des blagues. De sales blagues. Ou, pourquoi pas, de la politique. Non pas que la politique soit sans intérêt. Mon vieux disait que si on ne s'intéresse pas à la politique, la politique, elle, s'intéresse à nous. Et, pour une fois, il n'avait pas tort, mon vieux.
Au fond, je les enviais peut-être, sans vouloir me l'avouer. J'aurais peut-être aimé être avec eux, ne serait-ce que pour les écouter. Car pour ce qui était de parler, ce n'était pas mon fort. Sauf peut-être en tête-à-tête à de rares moments. Les confidences, ça ne peut se faire qu'à deux. En ai-je fait un jour, vraiment ? Sans doute, un jour, ou plutôt une nuit où j'avais baissé la garde.
Mais même les confidences, les soi-disant confidences, est-ce qu'il leur arrive d'être sincères ? Sommes-nous capables de sincérité ? J'en doute. Il y a toujours le comédien qui sommeille en nous. Il suffit qu'il laisse tomber un masque pour qu'il donne à voir celui qui se cachait dessous. Après tout, est-ce si important ? Nous sommes ainsi faits. Juste bons à raconter des trucs sans importance, à rapporter des ragots, à se lancer des blagues métaphysiques. Ou simplement idiotes. Idiotes.
-----------------
23.7.14
27.4.14
L'or d'un sentiment d'appartenance au monde
Après avoir revisité les lieux communs – ceux que l'on dit obligatoires – de la ville, il s'en éloignait et flânait le long de rues moins fameuses pour tenter de retrouver les lieux – ceux qu'habite un esprit – qui l'avaient marqué plus profondément il y a cinquante ans ou plus, si profondément qu'il aurait été bien en peine d'en donner ne serait-ce qu'une description sommaire. C'étaient des rues sans rien de remarquable aux yeux trop distraits, des rues qui convenaient parfaitement à sa recherche, des rues qui peut-être finiraient par déboucher sur les décors qui le hantaient la nuit dans ses rêves compliqués ou qui, du moins, paraissaient compliqués le matin au réveil.
Il allait donc là et là, il laissait venir le besoin de déclencher. Ce n'était pas une garantie, mais c'était la seule manière qu'il se connaissait d'approcher d'une parcelle de souvenir ancrée en lui. Il allait là et là et, tout d'un coup, il tentait d'y voir plus clair dans ce qui était resté couvert cinquante ans durant d'une épaisse couche de poussière, l'or de l'oubli pour les uns, l'or d'un sentiment d'appartenance au monde pour d'autres dont il était peut-être.
-----------------
15.4.14
Tu redeviendras poussière
[...] Non seulement tu redeviendras poussière, mais tout ce que tu produis aussi finira poussière ! Décourageante vérité. Chefs d’œuvre comme le reste, pièces de Shakespeare, cosmogonie dogon, bouquins de Blaise Cendrars, fugues de Bach, chansons des Rolling Stones, visions de Van Gogh, gratte-ciel de Frank Lloyd Wright, robes de Dior, aciers spéciaux de Suède, et cetera. Catalogue vain. Puisque rien n'échappe à l'usure du temps ? Amère litanie. A quoi bon toutes ces photos que cet homme fait dès lors qu'il sait que dans dix ans les couleurs auront passé ? Travail inutile. Il ferait aussi bien de prendre le premier bus pour La Havane et foncer au premier bordel venu, prendre chacune des filles à leur tour jusqu'à épuisement complet. Corps abandonnés. Hélas Fidel a fermé tous les bordels depuis belle lurette. Fucking country ! Hemingway doit s'en retourner dans la tombe. Hemingway ! Qu'en reste-t-il aujourd'hui, qui le lit encore ? Couilles molles.
Extrait de Chaise vide paru dans la revue Sapriphage.
-----------------
17.3.14
À l'entrée du mur
Il se demandait ce qui l'attirait vers les murs, de préférence les murs nus. Murs nus, voilà une expression qui lui paraissait bizarre tant il y voyait de motifs s'y dessiner, un peu à la façon qu'ont les nuages.
Si on lui demandait de faire un effort – mais qui lui aurait demandé ? – il aurait dit qu'il tenait ça de son père. Il se revoyait – ou plutôt il se voyait, car on ne revoit jamais rien – donnant la main à son père lors de l'une de leurs promenades dans les villes du nord de la France ou en Belgique, il se voyait arrêtés devant un mur, de préférence le mur d'un bâtiment abandonné, et le contemplant, comme d'autres auraient contemplé une belle maison, une villa au bord de mer, un château.
Il voyait dans ces murs, dans les motifs qui s'y dessinaient, des messages qu'il lui fallait interpréter. Il ne savait pas encore, alors, que d'autres, très savants, faisaient la même chose avec des taches d'encre ou de café. Pour lui, le mur n'était pas un obstacle auquel il était condamné à tourner le dos, le mur était la porte d'entrée qui ouvrait sur son destin.
-----------------
20.1.14
Cueillir la fleur des vagabonds
1943, Django est passé là, y a joué. Des images tremblotantes retrouvées récemment, visibles ici, le montrent sortant du Hot Club. Un manouche dans la Belgique occupée. Comment traversait-on la frontière franco-belge en 1943 ? Comme de nombreux sinté, Django aurait pu être arrêté et déporté. Y a-t-il encore des témoins de ce concert encore vivants, des témoins marquant le rythme de leur vie d'un pied tremblotant ?
2013, le Hot Club de Gand existe encore. Et pas seulement comme le reflet tremblotant d'une enseigne dans une flaque d'eau. Son appellation-même est une curiosité, même si la référence au Hot Club de France est claire. Et dire que l'on dit les Flamands sourcilleux sur l'emploi de leur langue en Flandres ! « De Gand », contre toute attente.
1943 ou 2013, le Hot Club est au fond d'une impasse. Est-ce qu'à la fin du concert on peut s'y attarder ? Y faire des rencontres ? Il n'a pas la réponse. C'est peut-être mieux, il peut se raconter des histoires lorsqu'il somnole dans le train qui l'emmène encore ailleurs, les échos d'un disque de Django crachés par les écouteurs dans ses oreilles. Tandis qu'il feuillette un recueil de poèmes de Stanislas Rodansky, il trébuche sur ceci :
« La flaque des vitres brûle dans la rare prairie des pavés
Je cueille au hasard la fleur des vagabonds »
Il veut croire que c'est tout à fait ça, qu'il est ce vagabond.
-----------------
13.1.14
En jouir et y voir plus clair
Lumières. Au pluriel. Quoi de plus normal, c'était le premier des mots qui lui venaient à l'esprit quand on lui parlait de photographie. Reflets qui étaient autant d'échos lumineux, ombres qui étaient aussi lumières, images qui avaient emprisonné les unes comme les autres. Passé, présent et pourquoi pas futur ?
Il flânait le long des rues de Bruxelles et se demandait ce qu'il verrait là. Il jouissait du spectacle de la rue vagabonde, de la répétition des gestes et des mouvements identiques à ceux du passé, à ceux du futur. Il en jouissait et y voyait plus clair. L'homme en jaune et bleu à quatre pattes dans la vitrine était le même qui, vêtu des mêmes couleurs, s'éloignait, s'éloignerait sur le trottoir. Il y avait aussi les passants imprimés sous une pluie de plomb et leurs parapluies noirs, c'était hier, c'était un aujourd'hui à jamais dépassé.
Il flânait le long des vagabondes rues du monde et rien ne l'étonnait plus vraiment. Ce moment était venu. Un moment qu'il avait eu tort de redouter pendant si longtemps. Il avait encore beaucoup à apprendre. De la matière plus que des hommes. Il en tirait une sereine mélancolie, pareille à celle qu'il avait ressentie en lisant l'autobiographie de Neil Young comme en écoutant se débobiner Ramada Inn.
-----------------
24.12.13
Regarder vers le ciel
Regarder vers le ciel, sans doute depuis toujours. Au point de vouloir s'en approcher de plus en plus, depuis quelques siècles en particulier. Comme un défi. Mais un défi envers quoi, envers qui ? En aucun cas un défi lancé aux étoiles ou à des créatures qui pourraient nous voir de très très loin. Par conséquent, un défi lancé à d'autres hommes. Dérisoire défi, vanités architecturales.
Regarder vers le ciel, c'est aussi pour certains hommes s'adresser à un improbable dieu qui pourrait leur venir en aide, soulager leurs douleurs et leurs chagrins, tenter d'oublier qu'ils sont responsables des destructions infligées aux territoires où ils agissent au nom de dérisoires défis, tels que le désir d'accumuler plus que leurs prochains.
Regarder vers le ciel, ce n'est pour moi que regarder les nuages et les étoiles, les éclairs des orages et les ourlets de l'azur, les brumes du matin et les ors du soir. Et les pluies torrentielles comme celles qui se sont abattues sur l'Espírito Santo ces dix derniers jours au point de tuer et de faire perdre à des milliers le peu qu'ils possédaient, sur lequel ils comptaient pour survivre.
-----------------
18.7.13
Liebe Paradiso (Song #1)
O que a vida perguntar |
Deixa a vida responder |
Tolo é quem não quer acreditar |
O chamado da paixão |
O que alegra o coração |
O que a rima tem de mais vulgar |
Venha ser meu paraíso |
Artifícios furta-cor |
Tudo aquilo que eu preciso |
É você e um céu azul |
Céu azul de quem surfar
Vem na onda azul do mar
|
Solta o ar e prende o fôlego |
O que eu chamo ilusão |
Outros chamam solidão |
O que a rima tem de mais vulgar |
--------------------
Avec Liebe Paradiso commence une nouvelle série, intitulée Songs. Plus qu'un premier choix, Liebe Paradiso aura aussi été l'inspirateur de ce projet. Il s'agit d'une chanson écrite par Celso Fonseca et Ronaldo Bastos, enregistrée une première fois en 1997 et radicalement retravaillée en 2011. À la fin de l'enregistrement, Gesang der Geister über den Wassern, un poème de Goethe, y fait écho.
Connected to Paradiso by Celso Fonseca and Ronaldo Bastos.
--------------------
Inscription à :
Articles (Atom)
| Follow @pixeluz | Tous droits réservés Todos os direitos reservados |


.jpg)
.jpg)
%2Bindiff%C3%A9rentes%2Baux%2Banges%2Belles%2Bvont.jpg)
.jpg)
.jpg)
%2Bplis%2Bet%2Breplis.jpg)
.jpg)
%2Bdans%2Blapoussi%C3%A8re%2Bdans%2Bla%2Bsoumission.jpg)
_pt.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
+django+en+1943.jpg)
.jpg)
.jpg)